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mercredi 23 mai 2012

BEN ALI


Première peine capitale requise contre Ben Ali depuis sa fuite
Mis à jour il y a 19 minutes
Un tribunal militaire a requis mercredi la peine capitale contre l'ancien président tunisien jugé par contumace pour son rôle dans la répression de janvier 2011 à Thala et Kasserine, deux villes emblématiques de la révolution tunisienne.

Le procureur du tribunal militaire du Kef (nord-ouest) a requis la peine capitale pour l'ex-président, poursuivi pour «complicité d'homicides volontaires». Il a demandé «les sanctions les plus sévères possibles» pour ses 22 co-accusés, anciens hauts responsables du régime, poursuivis pour la mort d'au moins 22 personnes à Thala et Kasserine, deux villes du centre qui ont payé un lourd tribut au soulèvement populaire qui provoqua la fuite en Arabie saoudite de Zine El Abidine Ben Ali le 14 janvier 2011.

C'est la première fois que la peine capitale est requise contre l'ancien président tunisien, qui fait l'objet de dizaines d'actions en justice devant les justices militaire et civile.

Ben Ali a déjà cumulé au civil des condamnations à 66 ans de prison notamment pour détournements de fonds, trafic de drogue et abus de biens publics. Il fait l'objet avec son épouse Leïla Trabelsi d'un mandat d'arrêt international, mais l'Arabie saoudite n'a jamais jusqu'à présent répondu aux demandes d'extradition tunisiennes.

Acteur principal

Les réquisitions du procureur ont été accueillies avec étonnement par plusieurs avocats, y compris de la partie civile.

«Ben Ali n'est pas l'acteur principal de ces homicides, il est poursuivi pour complicité et pourtant le procureur requiert contre lui une peine plus importante que contre ceux qui sont poursuivis pour homicides», a déclaré Abderraouf Ayadi, défenseur d'une des familles de victimes.

«Je pense que la justice essaye de trouver un compromis avec les familles des martyrs plutôt que de faire un procès équitable, il n'y a pas de volonté de connaître les véritables responsables», a-t-il déploré.

De son côté, Othman Oueslati, avocat d'un autre prévenu, l'ancien ministre de l'Intérieur Rafik Belhaj Kacem, a assuré que son client n'avait «jamais reçu des instructions de Ben Ali pour tuer».

«Ce procès ne tient pas sur le fond et sur la forme», a-t-il dit, cité par l'agence TAP.

«Cellule sécuritaire de suivi»

Parmi les inculpés figurent un autre ex-ministre de l'Intérieur Ahmed Friaâ, l'ancien directeur général de la sûreté Adel Tiouiri, l'ex-chef des brigades spéciales, Jalel Boudriga, ou encore l'ex-chef de la sécurité présidentielle, Ali Seriati.

Tout au long du procès du Kef, entamé fin novembre 2O11, aucun des prévenus n'a reconnu avoir donné l'ordre de tirer sur les manifestants de Thala et Kasserine. Chacun a renvoyé la responsabilité à une «cellule sécuritaire de suivi» ou à «la salle d'opération» du ministère de l'Intérieur, sans jamais mentionner de noms.

Mais l'ancien Premier ministre tunisien Mohamed Ghannouchi, qui dirigea le premier gouvernement post-Ben Ali, avait témoigné en janvier devant le tribunal du Kef et mis en cause le président déchu.

Il avait notamment assuré avoir appelé Ben Ali le 9 janvier pour lui demander d'arrêter les tirs à balles réelles contre la population à Kasserine. Ben Ali aurait alors justifié l'usage des armes comme une «légitime défense».

Les plaidoieries de la défense doivent se poursuivre encore plusieurs jours.
(afp/Newsnet)

lundi 14 mai 2012

HABIB BOURGUIBA



Habib Bourguiba (الحبيب بورقيبة), de son nom complet Habib Ben Ali Bourguiba, né probablement le 3 août 19031 à Monastir et décédé le 6 avril 2000 à Monastir, est un homme d’État tunisien.
Avocat formé en France dans les années 1920, il revient au pays et commence à militer dans les milieux nationalistes. En 1934, à l’âge de 31 ans, il fonde le Néo-Destour, fer-de-lance du mouvement pour l’indépendance de la Tunisie. Plusieurs fois arrêté et exilé par les autorités du protectorat français, il choisit de négocier avec la Quatrième République, tout en faisant pression sur elle, pour atteindre son objectif. Une fois l’indépendance obtenue le 20 mars 1956, il s’emploie à mettre sur pied un État moderne en mettant fin à la monarchie et en proclamant la république dont il devient le premier président le 25 juillet 1957.
Parmi les priorités de son action politique figurent le développement de l’éducation, la défense de l’égalité entre hommes et femmes, le développement économique et une politique étrangère équilibrée, ce qui en fait une exception parmi les dirigeants arabes. Ceci n’empêche pas le développement d’un culte de la personnalité autour de sa personne — il porte alors le titre de « combattant suprême » — et l’instauration d’un régime de parti unique pendant une vingtaine d’années. La fin de sa présidence, marquée par sa santé déclinante, la montée du clientélisme et de l’islamisme, se conclut par sa destitution, le 7 novembre 1987, à l’initiative de son Premier ministre Zine el-Abidine Ben Ali.
Installé par le nouveau régime dans une résidence à Monastir, il meurt le 6 avril 2000 et repose dans le mausolée qu’il s’était fait construire.



Né officiellement en 1903 à Monastir1, Habib Bourguiba est le fils d’un officier de la garde que la France avait accordée au bey de Tunis. Il est le dernier de huit enfants issus d’une famille de condition modeste. Son père Ali et sa mère Fatouma souhaitent qu’il reçoive une instruction moderne comme ses aînés. Il effectue ses études primaires et obtient son certificat d’études primaires à l’école sadikienne en 1913, année de la mort de sa mère2. Il entame ensuite ses études secondaires au prestigieux Collège Sadiki de Tunis où il décroche un brevet d’arabe avant de s’inscrire au Lycée Carnot. Ses meilleurs amis sont alors Tahar Sfar et Bahri Guiga.
Il obtient son baccalauréat en 1924 puis s’inscrit à la Sorbonne3. C’est à Paris qu’il rencontre Mathilde Lefras. Alors que son père meurt en 1926, Mathilde lui donne un fils, Habib Bourguiba Jr., qui naît le 9 avril 1927 (à un mois de ses examens)4. Il obtient respectivement une licence en droit et le diplôme supérieur d’études politiques de l’École libre des sciences politiques en 1927. Il rentre ensuite à Tunis pour exercer le métier d’avocat, parallèlement à d’autres activités, notamment politiques : il adhère ainsi au Destour, parti qui milite en faveur de l’indépendance du pays.
Militant nationaliste

Dans ce cadre, il participe à la rédaction de nombreux articles dans les journaux nationalistes de l’époque comme La Voix du Tunisien et L’Étendard tunisien. Dans un article du 23 février 1931, il explique que pour « un peuple sain, vigoureux, que les compétitions internationales ou une crise momentanée ont forcé à accepter la tutelle d’un État fort, le contact d’une civilisation plus avancée détermine en lui une réaction salutaire. Une véritable régénération se produit en lui et, grâce à une judicieuse assimilation des principes et des méthodes de cette civilisation, il arrivera fatalement à réaliser par étapes son émancipation définitive »5. Lorsque le comité de rédaction de La Voix du Tunisien démissionne, Bourguiba rejoint le nouveau journal, L’Action tunisienne, dont le premier numéro paraît le 1er novembre 19325. Prônant la laïcité, il est suspendu comme d’autres journaux nationalistes le 31 mai 19336.

Installation de la section du Néo-Destour à Béja le 25 avril 1934
À la suite du congrès du Destour, tenu le 12 mai 1933, Bourguiba devient membre de la commission exécutive du parti. Cependant, le 9 septembre, il en démissionne après avoir fait l’objet de vives réprimandes pour avoir fait partie d’une délégation de dignitaires de Monastir qui s’était rendue au palais du bey, le 4 septembre, pour protester contre la décision du gouverneur de la ville qui avait autorisé l’inhumation du fils d’un naturalisé dans le cimetière musulman de Monastir7. Il s’emploie, par la suite, à expliquer les raisons de sa démission de la commission exécutive jusqu’à ce qu’il décide de réunir un congrès extraordinaire du parti, le 2 mars 1934, à Ksar Hellal. Ce congrès se termine par la scission en deux branches du parti : l’une conservatrice, qui conserve le nom de Destour, et l’autre moderniste baptisée Néo-Destour8.
Ce nouveau parti est dirigé par Mahmoud El Materi (président), Bourguiba (secrétaire général), Tahar Sfar (secrétaire général adjoint), M’hamed Bourguiba (trésorier) et Guiga (trésorier adjoint).

Espoirs et répression
Au milieu des années 1930, après la nomination de Marcel Peyrouton comme résident général de France en Tunisie, la répression se fait plus violente dans le pays : Peyrouton interdit tous les journaux de gauche encore publiés, notamment le tunisien Tunis socialiste et les français L’Humanité et Le Populaire, le 1er septembre 19349. Le 3 septembre, les militants nationalistes font l’objet de mesures d’éloignement dans le Sud tunisien : Bourguiba et certains de ses compagnons sont assignés à résidence à Kébili puis à Bordj le Bœuf.
Cependant, la résistance se poursuit sous diverses formes jusqu’à la remise en liberté des leaders exilés. En mars 1936, Peyrouton est remplacé par Armand Guillon alors que, le 3 mai, le Front populaire remporte les élections législatives françaises sous la conduite de Léon Blum11. Cette victoire suscite un espoir dans le camp nationaliste car de nombreux militants ayant étudié dans les universités françaises entretiennent de bonnes relations avec la gauche française.
Bourguiba rencontre ainsi Pierre Viénot, sous-secrétaire d’État aux Affaires étrangères, le 6 juillet 1936 à Paris. Cette entrevue est très mal vue en Tunisie : c’est pourquoi leurs entrevues ultérieures se font en secret. Mais la prudence des autorités françaises s’oppose aux espoirs des militants tunisiens et certains pensent même qu’il s’agit d’une illusion. Le résident général en Tunisie parle à la fin de l’année 1936 de réformes et d’assimilation de la Tunisie. Ces propos sont à l’origine de mouvement sociaux éclatant au début de l’année 1937. Viénot en voyage en Tunisie réagit en déclarant que « certains des intérêts privés des Français de la Tunisie ne se confondent pas avec l’intérêt de la France ». Pendant ce temps Bourguiba se rend à nouveau à Paris puis à la conférence sur l’abolition des capitulations tenue en avril 1937 à Montreux (Suisse). Il y rencontre de nombreux leaders nationalistes arabes dont l’émir druze Chekib Arslan, l’Algérien Messali Hadj et l’Égyptien Nahas Pacha.

Bourguiba et El Materi accueillant Abdelaziz Thâalbi à son retour d’exil en 1937
En juin 1937, le gouvernement Blum, démissionnaire, est remplacé par le gouvernement de Camille Chautemps. Face aux atermoiements du gouvernement français, les nationalistes reprennent leur combat et s’emploient activement à concrétiser leurs revendications. Dans ce contexte, Bourguiba souhaite qu’Abdelaziz Thâalbi, fondateur du Destour, rejoigne le Néo-Destour.
Cela n’advenant pas, il fait escamoter la réunion de conciliation prévue entre les délégations du Destour et du Néo-Destour puis s’emploie à perturber les rassemblements publics de son adversaire14. À Mateur, les affrontements font des morts et des blessés mais Bourguiba réussit à s’imposer comme le seul leader du mouvement nationaliste et rejette définitivement le nationalisme panarabe et anti-occidental. Ainsi, malgré le fait que l’atmosphère devienne des plus tendues vers la fin de l’année 1937, Bourguiba maintient le cap. En novembre, il explicite sa stratégie lors du deuxième congrès du Néo-Destour :
« L’indépendance ne se réalisera que selon trois formules :
une révolution populaire, violente et généralisée, qui liquidera le protectorat
une défaite militaire française au cours d’une guerre contre un autre État
une solution pacifique, à travers des étapes, avec l’aide de la France et sous son égide.
Le déséquilibre du rapport des forces entre le peuple tunisien et la France élimine toutes les chances d’une victoire populaire. Une défaite militaire française n’aidera pas l’indépendance parce que nous tomberons dans les griffes d’un nouveau colonialisme. Donc, il ne nous reste que la voie de la délivrance pacifique sous l’égide de la France15. »
Alors que la base du parti s’agite et que la répression fait sept morts à Bizerte5, Bourguiba choisit l’épreuve de force. En avril 1938, une manifestation préparée se déroule pacifiquement mais Bourguiba rudoie El Materi venu lui rendre compte : « Puisqu’il n’y a pas eu de sang, il faut recommencer. Il faut que le sang coule pour qu’on parle de nous5! » Le 9 avril, une fusillade fait quarante morts16. Le lendemain, Bourguiba et ses compagnons sont arrêtés et détenus à la prison civile de Tunis où Bourguiba fait l’objet d’un long interrogatoire. Le Néo-Destour est dissous le 12 avril mais les militants continuent de se réunir dans la clandestinité. Quelques mois plus tard, El Materi démissionne de la présidence du Néo-Destour et Bourguiba le remplace5. Le 10 juin 1939, Bourguiba et ses compagnons sont inculpés pour conspiration contre la sûreté de l’État et incitation à la guerre civile. Ils sont ensuite transférés vers le pénitencier de Téboursouk.

dimanche 13 mai 2012

BEN ALI


Zine el-Abidine Ben Ali (arabe : زين العابدين بن علي), né le 3 septembre 1936 à Hammam Sousse, est un homme d’État tunisien, président de la République du 7 novembre 1987 au 14 janvier 2011.
Après divers postes au sein de l’armée et de la sûreté nationale, il devient ministre de l’Intérieur dans le gouvernement de Rachid Sfar puis remplace ce dernier comme Premier ministre. Il finit par déposer le président Habib Bourguiba « pour raisons médicales » et lui succède en sa qualité de dauphin constitutionnel. Son accession au pouvoir intervient à une époque où le pays est en proie aux luttes de succession, dont il fait partie, aux tensions politiques et économiques et à la montée de l’intégrisme3, et avec une opinion publique partagée, selon Michel Camau4, entre « le soulagement et le regret ».
Sous sa présidence, l’économie tunisienne était classée, en 2007, première en termes de compétitivité économique en Afrique, selon le Forum économique mondial5. Sur le plan des libertés, des organisations non gouvernementales et des médias étrangers dénoncent régulièrement sa politique sur les droits de l’homme, inclinant vers la dictature, notamment par la répression de ses opposants et les atteintes à la liberté de la presse. Son régime fut également caractérisé par une généralisation de la corruption dont bénéficia principalement la famille de sa deuxième épouse Leïla, les Trabelsi, qualifiée selon les observateurs de « clan quasi-mafieux »6. Sa fortune personnelle, estimée à cinq milliards d’euros placés sur des comptes à l’étranger ou investis dans l’immobilier, serait essentiellement le résultat des détournements de fonds opérés durant les 23 années de sa présidence7.
Un mouvement de protestation populaire le contraint à quitter le pays le 14 janvier 2011. Il abandonne ainsi son poste de président de la République pour se réfugier à Djeddah, en Arabie saoudite.

LE DESTIN DE LEILA BEN ALI: CE QUE FEMME VEUT…

Leila Trabelsi et Ben Ali. Le couple affichait son goût du luxe et des plaisirs mondains.


Ben Ali s’était offert un nouvel avion présidentiel en utilisant la dette de la compagnie aérienne d’Etat, Tunisair. Un airbus A340 flambant neuf. Le couple attendait son nouveau jouet avec impatience, d’autant que Leila avait elle-même supervisé la décoration de l’appareil, qu’elle avait confiée, selon des médias tunisiens, à Fendi et à Ferragamo. Montant du budget déco : une vingtaine de millions d’euros. Le quadriréacteur n’a pas pu être livré à cause de la révolution. Il devait faire partie de la nouvelle écurie de Karthago Airlines, la compagnie privée de la famille, dont l’actionnaire principal était Belhassen ­Trabelsi, le frère de Leila. L’avion stationnerait toujours dans l’un des entrepôts de la société de maintenance ­Sabena Technics à l’aéroport de Mérignac, en Gironde, en attente d’un nouvel ­acquéreur… Il semble que deux candidats se soient ­proposés. Tunisair ne confirme pas.

Leila Trabelsi était une petite coiffeuse qui plaisait aux hommes. En 1984, elle tape dans l’œil de celui qui allait ­devenir la personne la plus puissante de Tunisie : Zine el-Abidine Ben Ali. Dès lors, c’est l’ascension. La fratrie Trabelsi va quadriller peu à peu toute l’économie nationale. Paris Match a retrouvé ses voisins de palier, du temps de sa jeunesse.

Le couple serait en instance de divorce. « Ils font chambre à part », nous confie un homme proche de la famille. Déprimé, « patraque », l’ancien dictateur, que les Tunisiens surnomment désormais Zaba (pour Zine el-Abidine Ben Ali), ne quitterait plus sa résidence saoudienne, se réfugiant dans la prière et la rédaction de ses Mémoires. Il essaierait de faire porter le chapeau de la faillite de son régime à sa femme, Leila, et à son clan, les Trabelsi. Son épouse, quant à elle, serait condamnée à faire son shopping en niqab. Drôle de destin pour celle qui nourrissait des rêves de glamour et pensait incarner la modernité. Loin des caméras, l’ancienne « régente de Carthage » tente de se faire oublier, mais en Tunisie, où la haine qu’elle a suscitée dépasse l’entendement, les langues se délient. Chaque jour, on en apprend un peu plus sur cette Cosette de la médina de Tunis devenue reine de Saba ; ou plus exactement, cette petite « Zahia » devenue lady Macbeth.